L’escargot du désert : dormir pour survivre

Le sphincterochila boissieri, communément appelé escargot du désert, parvient à survivre dans les conditions extrêmes du désert du Néguev (Israël) en se plongeant dans un long sommeil. Cet escargot se nourrit de boue pendant les intempéries, or dans cette région on enregistre une moyenne de seulement 100 millimètres de pluie par an répartie sur les mois d’hiver de novembre à mars. Entre chaque période de pluie il tombe en léthargie afin de résister à la faim et à la dessiccation. Il n’est actif que 18 à 26 jours par an.

Voir aussi : La diversité des formes de sommeil dans le monde animal

Des particularités physiques pour survivre dans ces conditions extrêmes

Le sphincterochila boissieri est un petit escargot d’environ 4 grammes. Sa coquille blanche et épaisse possède des capacités réfléchissantes : elle renvoie 95% des radiations solaires. L’ouverture de sa coquille est étroite et obstruée par un opercule formé de bave séchée qui lui permet de conserver le plus d’humidité possible.

Une technique d’isolation contre la chaleur

Lorsqu’il entre dans une phase de sommeil, le gastéropode se réfugie dans les spires de sa coquille les plus hautes. Dans l’étude “Desert snails: problems of heat, water and food” , des scientifiques ont étudié les seuils de tolérance de l’escargot du désert pendant les mois d’été lorsque les températures sont les plus extrêmes. A cette période, la surface du sol atteignait les 65 degrés et les spires les plus basses, en contact avec le sol, frôlaient les 56 degrés. Or les scientifiques ont établi la température létale du mollusque à 55 degrés. L’escargot ne peut donc pas survivre dans la partie basse de sa coquille. Cette partie délaissée de sa coquille se remplit d’air afin d’améliorer l’isolation de l’habitacle. Grâce à cette technique la température de son corps de dépasse pas les 50 degrés.

Un processus biologique encore mystérieux

Les scientifiques ont observé que le mollusque gagne du poids la nuit lorsqu’il est en phase de sommeil. Ils ont associé cette variation de poids à un gain d’eau. À la fin de la journée la perte de poids est légèrement plus importante que le gain de la nuit précédente. Il apparaît donc que la quantité d’eau de l’escargot du désert décline de jour en jour mais que la léthargie lui permet de ralentir cette dessiccation. Les scientifiques ont émis l’hypothèse que ce gain d’eau serait le résultat d’une captation de la rosée de la nuit. Les études ne corroborent pas cette piste pour l’instant et le phénomène reste assez méconnu.

Un champion du sommeil et de la longévité

Selon les calculs des scientifiques, le sphincterochila boissieri en sommeil serait capable de survivre sans eau au moins 4 ans dans les conditions extrêmes -celles des mois d’été- de cette étude. Mais c’est une estimation basse si l’on considère que la perte d’eau est moins importante pendant les moments moins chauds de l’année. Cette résistance vaut à l’escargot du désert un record de longévité. Les scientifiques lui attribuent une espérance de vie d’environ 15 ans alors que notre bien connu escargot de Bourgogne ne dépasse pas les 3 ans.

Sources :

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