Le comptage des loups est décrié par les associations

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L’ONCFS effectue le suivi scientifique de la population lupine en France. Il s’appuie pour ça sur le réseau Loup-Lynx et ses milliers de correspondants sur le terrain. Les associations pro et anti-loup décrient les méthodes de comptage de l’établissement public. Elles l’accusent de minimiser le nombre de loups et de passer sous silence l’existence de nouvelles zones d’implantation.

Des associations anti-loup dénoncent une sous-estimation du nombre de loups en France

Des associations anti-loup remettent en question la fiabilité des méthodes de l’ONCFS. Certaines, telles que Cercle 12 et Cercle 48, vont même jusqu’à effectuer leurs propres prélèvements pour tenter de prouver que l’effectif lupin est sous-estimé. À chaque attaque, ils récupèrent des échantillons de salive sur les plaies des brebis et les envoient pour analyse à un laboratoire allemand. Ils espèrent, grâce à cette banque de données génétiques financée par des dons, mettre en évidence la prétendue minimisation des effectifs opérée par l’établissement public.

Des associations pro-loup veulent la reconnaissance d’une nouvelle zone de présence permanente

Plus étonnant, des associations pro-loup accusent aussi l’ONCFS de passer sous silence une frange de la population lupine. L’Observatoire du loup et l’Alliance avec les loups militent pour la reconnaissance de nouvelles zones investies par l’animal. Ils affirment avoir recueilli des preuves attestant du retour du loup en région parisienne, notamment dans les Yvelines et dans l’Essone. Selon eux, l’ONCFS nierait leur présence pour des raisons budgétaires. En effet, la reconnaissance d’une nouvelle ZPP obligerait l’Etat à mettre en place des mesures de protection dans les élevages de la région.

Le comptage des loups commence par une enquête de terrain

Le suivi annuel se fait en deux temps: une première partie pendant l’hiver puis une deuxième partie en été après la période de reproduction. Les agents de terrain utilisent en grande partie des techniques de suivi indirect. Ils récoltent des indices (empreintes, excréments, poils, empreintes de mâchoires sur les carcasses…) qu’ils envoient au laboratoire pour analyses génétiques. Le recours aux techniques de télémétrie reste limité car trop coûteux. En effet, le suivi par système de balises PTT ou GPS nécessite la capture préalable de l’animal afin de l’équiper d’un collier émetteur. Pendant le suivi estival, les correspondants sur le terrain utilisent la technique des hurlements provoqués afin de confirmer la présence de l’animal. Les agents lancent des hurlements d’appel : si des hurlements de loups y répondent, la présence lupine est confirmée. La technique permet aussi de prendre connaissance des reproductions en différenciant les voix des louveteaux des voix de loups adultes.

Technique des hurlements provoqués
* Le plan loup 2018-2023 fixe un plafond d’abattage annuel de 10% de la population lupine. Il prévoit la possibilité de rehausser ce plafond de 2% si l’effectif est atteint avant la fin de l’année civile, mais uniquement sur arrêté préfectoral pour des tirs de défense.

Des calculs statistiques pour obtenir des effectifs

Les données récoltées grâce à ces indices sont ensuite agrégées au niveau national. On obtient ainsi un indicateur de tendance démographique: l’effectif minimum retenu (EMR). Il ne donne pas le nombre total de loups présents sur le territoire mais seulement une estimation des individus sédentarisés dans les zones de présence permanente. On calcule l’effectif réel par modélisation mathématique grâce à la méthode CMR. Mais contrairement à l’EMR qui est mis à jour annuellement, le calcul de l’effectif réel à l’aide de la méthode CMR nécessite plusieurs années de recueil de données et d’analyses. Ainsi, le plan loup* 2018-2023 prend l’EMR et non l’effectif réel comme base de calcul au plafond de loups pouvant être abattus légalement chaque année.

Sources :

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