Réchauffement climatique : de moins en moins de tortues mâles

L’avenir des tortues dans un monde de plus en plus chaud est menacé. Le réchauffement climatique entraîne une hausse des naissances de femelles et donc la raréfaction des mâles. Face à ce phénomène, les tortues s’adaptent et changent leurs comportements de ponte.

D’ici 2100, 93% des œufs de tortues vertes donneront naissance à des femelles. C’est le résultat alarmant d’une étude menée en Guinée-Bissau qui démontre l’impact du réchauffement climatique sur cette espèce de tortue marine menacée d’extinction. Ce scénario, qui s’appuie sur les prévisions de réchauffement du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), pourrait se généraliser à l’échelle planétaire. Cette situation est déjà observée sur l’île Raine, un archipel au large de l’Australie particulièrement touché par le réchauffement climatique. Au cours des 20 dernières années, 99% des tortues vertes nées étaient des femelles.

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La température environnante détermine le sexe

Pour pondre, les tortues marines rejoignent les plages et enfouissent leurs centaines d’œufs dans des nids de sable. Il faudra ensuite 45 à 90 jours d’incubation pour qu’ils éclosent. La détermination du sexe, qui se fait au bout d’environ 15 jours, est fonction de la température environnante. Si le sable est froid (entre 27°C et 29°C), il y aura plus de naissances de mâles. A l’inverse, si le sable est chaud (entre 31°C et 33°C), il y aura plus de femelles. Le réchauffement climatique risque donc de féminiser dangereusement l’espèce. Cette détermination thermodépendante du sexe se retrouve aussi chez certains lézards, poissons et amphibiens. Ainsi, le réchauffement climatique a un impact direct sur le sexe-ratio de nombreuses espèces.

Extrait de J’ai marché sur la Terre au Costa Rica, Guillaume Maidachevsky, Grandeurs Nature (France 2)

Les tortues adaptent leurs comportements de ponte

Les scientifiques nuancent néanmoins en rappelant que les tortues savent s’adapter. En effet, elles sont capables de ressentir les hausses de températures et d’adapter leurs comportements de ponte : pondre plus tôt dans l’année et à des latitudes plus élevées où il fait moins chaud. Cette possibilité de nouveaux sites de ponte renforce la nécessité pour nous de préserver les plages en limitant la bétonisation. Il est aussi impératif de mettre en place des aménagements garantissant la tranquillité des tortues. Pour les sites de ponte actuels, les scientifiques préconisent l’installation de systèmes d’ombrage naturels ou artificiels afin de rafraîchir le sable. Mais, au-delà de ce problème de féminisation, rien ne pourra sauver ces espèces si les températures continuent d’augmenter. En effet, le taux de mortalité des œufs augmente de concert avec les températures. Le problème alors ne sera plus la raréfaction des mâles mais tout simplement l’extinction des espèces.

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