Des techniques de défense variées chez les proies

Le premier réflexe de défense des proies reste bien évidemment la fuite. Mais parfois cette fuite est impossible et elles doivent miser sur d’autres techniques pour survivre : affrontement, autotomie, intimidation, camouflage… Ces adaptations comportementales ou morphologiques des proies à la présence de prédateurs sont parfois très surprenantes.

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L’affrontement pour les plus armés

Certaines proies sont pourvues d’armes de défense : cornes, griffes, dents… Le casoar, par exemple, est doté d’une griffe en forme de poignard de 12 cm sur chacune de ses pattes. D’autres espèces attaquent en projetant ou sécrétant des substances toxiques. C’est le cas des grenouilles phyllobates qui sécrètent de la batrachotoxine, un puissant poison qui s’attaque au système nerveux.

L’autotomie pour tromper l’ennemi

Quand la fuite ne suffit pas à semer le prédateur, certaines espèces ont recours à l’autotomie pour faire diversion. Elles abandonnent volontairement une partie non vitale de leur corps, généralement la queue ou bien un de leurs membres. Cette partie abandonnée reste agitée de mouvements nerveux réflexes de façon à retenir l’attention du prédateur. Les lézards sont les meilleurs exemples d’autotomie évasive : ils détachent leurs queues pour maximiser leur chance de fuite. La queue sacrifiée repousse mais pas toujours de façon optimale (taille réduite, mobilité limitée…). Cette technique est rare chez les mammifères mais certains rongeurs comme la gerbille de Mongolie ou certains mulot en sont capables.

Brut – l’autotomie chez les lézards

L’intimidation pour les plus téméraires

Pour dissuader et mettre en déroute les prédateurs, de nombreuses espèces usent de techniques d’intimidation. Vous avez tous déjà observé un chat hérissant le poil et courbant le dos d’un air menaçant. Les poissons diodons sont capables d’une véritable métamorphose pour impressionner l’ennemi : ils se gonflent d’eau ou d’air. D’autres espèces comme les moufettes ou les seiches usent de substances non toxiques pour décontenancer le prédateur et troubler ses sens : odeur nauséabonde et taches d’encre.

Les diodons se gonflent lorsqu’ils se sentent menacés

Le camouflage et l’immobilité pour les plus astucieux

L’une des motivations de la prédation chez les animaux est le mouvement de la proie. Certaines espèces l’ont bien compris et préfèrent se camoufler ou s’immobiliser plutôt que fuir. Le caméléon, par exemple, modifie les couleurs de sa peau pour se confondre avec son environnement. D’autres espèces ingénieuses modifient leur apparence, non pas pour se camoufler dans la nature, mais pour se faire passer pour une espèce dangereuses : c’est ce qu’on appelle le mimétisme batésien. La chenille de l’hemeroplanes ornatus (une espèce de papillon sphinx) gonfle son thorax et sa tête lorsqu’elle est menacée afin de prendre l’apparence d’une vipère.

Chenille d’un hemeroplanes ornatus mimant une vipère

L’opossum utilise la thanatose, c’est-à-dire qu’il “fait le mort”. Il raidit totalement son corps et libère des sécrétions anales faisant croire à un début de putréfaction. Cette technique est utilisée par de nombreuses espèces : rongeurs, reptiles et même certains oiseaux.

Un opossum qui utilise la technique de thanatose

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