En Guinée, la construction d’un barrage hydroélectrique menace les chimpanzés

Le barrage Koukoutamba sera construit dans une zone protégée du parc national du Moyen-Bafing (nord de la Guinée). La primatologue Rebecca Kormos alerte quant aux effets dévastateurs du projet sur les chimpanzés de la région : elle estime qu’il pourrait tuer entre 800 et 1500 primates.

L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et le chinois Sinohydro ont signé le 26 février le contrat commercial pour l’aménagement du barrage hydroélectrique de Koukoutamba. La primatologue Rebecca Kormos estime que ce projet met en danger les populations de primates du parc national du Moyen-Bafing dans lequel il sera implanté. L’inondation de certaines parties du parc entraînerait le déplacement d’environ 8700 personnes et priverait les primates d’une partie de leur territoire. Ces inondations et les conflits territoriaux causés par ces déplacements pourraient tuer entre 800 et 1500 chimpanzés. L’espèce est pourtant classée “en danger critique d’extinction” par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Un enjeu stratégique pour la région

Le projet est un véritable enjeu stratégique pour la région qui souffre économiquement de son manque d’infrastructures, de routes et d’énergie. Hamed Diane Séméga, Haut commissaire de l’OMVS, évoque une construction « stratégique qui aura un impact positif sur les communautés » et contribuera « essentiellement au développement économique » de cette région de la Guinée.

Une entreprise chinoise déjà décriée en Indonésie

Par ailleurs, la société chinoise Sinohydro fait déjà l’objet de controverses similaires en Indonésie. L’un de ses barrages y menace le seul habitat connu d’une sous-espèce de seulement 800 orangs-outans (orang-outan de Tapanuli) découverte en 2018 dans le nord de l’île de Sumatra. Les inondations provoquées par la construction du barrage ainsi que les nouvelles routes et lignes électriques qu’elle implique priveront l’espèce d’une grande partie de son habitat naturel. Ce projet s’inscrit dans le programme des « nouvelles Routes de la Soie » lancé par la Chine qui vise à développer les infrastructures dans plus de 70 pays entre l’Asie et l’Europe.

Brut – Les orangs-outans de Tapanuli
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