Les humains nuisent à la diversité culturelle des chimpanzés

Suivez-nous !

Une étude publiée dans la revue américaine Science montre que la présence humaine, en plus de détruire l’habitat des chimpanzés, nuit à leur diversité culturelle.

Dès 1999, Jane Goodall et 8 autres chercheurs publiaient dans la revue Nature une étude relatant différentes traditions locales chez les chimpanzés. Aujourd’hui l’existence d’une culture animale est officiellement reconnue. On définit par cela les comportements qui ne relèvent pas de la génétique mais d’un apprentissage social. Cela peut-être des techniques différentes, des outils qui varient selon les régions ou même des moyens de communication propres à un groupe de primates. Les scientifiques ont, par exemple, observé plusieurs techniques d’épouillage chez les chimpanzés. En Côte-d’Ivoire l’épouilleur pose le parasite sur son bras puis l’écrase entre deux doigts alors qu’en Tanzanie il le pose sur une feuille au sol puis l’écrase. Les chercheurs ont aussi observé que tous les groupes de chimpanzés qui pratiquent la “pêche aux fourmis” n’utilisent pas les même techniques ni les mêmes outils pour extraire les insectes des fourmilières.

La diversité culturelle des chimpanzés en danger

Dans une étude publiée jeudi 07 mars par la revue Science, des chercheurs démontrent que la présence des humains dans l’habitat naturel des primates conduit à l’appauvrissement de leur culture. Les scientifiques ont étudié 144 communautés de chimpanzés dans 17 pays d’Afrique équatoriale. Ils ont utilisé des études existantes qu’ils ont complétées avec leurs propres observations de terrain sur 46 communautés depuis 9 ans. Ils en ont conclu que la diversité culturelle des chimpanzés est réduite de 88 % dans les zones où les humains sont les plus présents par rapport aux habitats complètement sauvages. Plus les hommes perturbent leur environnement, moins les primates ont de comportements spécifiques. Par exemple, les chimpanzés de certaines régions à forte présence humaine ne cassent plus de noix car le bruit que cela entraîne pourrait les mettre en danger en attirant les chasseurs. Il en est de même pour d’autres groupes de chimpanzés en Guinée-Bissau qui avaient l’habitude de communiquer en jetant des pierres contre les arbres.

Protéger le “patrimoine culturel des chimpanzés”

Ainsi, les primatologues suggèrent d’inclure la diversité comportementale dans les dispositifs de conservation de la biodiversité. Ils veulent mettre en place des « sites de patrimoine culturel des chimpanzés ». Ce dispositif pourrait être élargi à bon nombre d’autres espèces car les grands singes n’ont pas le monopole de la culture animale. On sait par exemple que les dialectes des cétacés diffèrent selon les groupes et évoluent dans le temps.

VOIR AUSSI : En Guinée, la construction d’un barrage hydroélectrique menace les chimpanzés

Suivez-nous !