Le Zimbabwe veut vendre ses réserves d’ivoire pour financer l’entretien de ses parcs

Le Zimbabwe, miné par la crise économique, veut vendre ses réserves d’ivoire afin de financer ses programmes de protection animale et l’entretien de ses parcs et réserves naturelles.

Le Zimbabwe, aux prises avec une inflation qui frise les 60%, un taux de chômage galopant et une grave crise économique, peine à financer ses programmes de protection et l’entretien de ses parcs. Les autorités ont affiché leur volonté de vendre les réserves d’ivoire du pays, d’une valeur estimée à 300 millions de dollars, afin de débloquer les fonds nécessaires. Or, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) interdit la vente de l’ivoire depuis 1989. Appuyé par le Botswana, la Zambie et la Namibie, le Zimbabwe demande à la CITES de faire passer les éléphants sur la “liste 2” de la convention, autorisant ainsi le commerce de l’ivoire sous certaines conditions.

« Que ceux qui nous interdisent de vendre nous donnent de l’argent pour gérer nos parcs »

Tinashe Farawo, porte-parole de l’Autorité zimbabwéenne de gestion des parcs et de la faune

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Cohabitation difficile entre humains et éléphants

Ces pays accueillent à eux seuls la majorité des éléphants d’Afrique et, outre le manque de moyens financiers pour gérer leurs parcs, rencontrent aussi de sérieux problèmes de sécurité. Les populations de pachydermes deviennent difficilement contrôlables et la cohabitation avec les humains est de plus en plus problématique. Ainsi le Botswana – qui abrite à lui seul un tiers des 415 000 éléphants sauvages d’Afrique – a annoncé en mai dernier le rétablissement de la chasse aux éléphants, arguant que les conflits entre humains et pachydermes augmentent en nombre mais aussi en intensité. Le Zimbabwe a pour sa part opté pour le commerce : entre 2012 et 2018, 97 éléphants pré-adultes ont été exportés en Chine et à Dubaï. « La capacité d’accueil du Zimbabwe est de 55.000 éléphants, mais nous en avons maintenant 85 000 » a justifié Priscah Mupfumira ministre de l’Industrie de l’Environnement, du Tourisme et de l’Hôtellerie.

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