Focus de la semaine : Le chien, dépisteur de cancer hors-pair

Les capacités olfactives des chiens sont déjà exploitées par l’être humain dans les luttes anti-drogue, anti-explosif ou bien encore pour pister les personnes disparues. En effet, les chiens possèdent un flair 10.000 à 20.000 fois plus développé que celui de l’Homme, et peuvent différencier des odeurs très proches. Une étude américaine va plus loin et affirme que nos fidèles compagnons seraient également doués pour détecter les cancers.

Des chercheurs américains de la société BioScentDx ont entraîné des beagles – l’un des chiens à l’odorat le plus développé – à distinguer des échantillons sanguins sains d’échantillons de sang issus de patients atteints d’un cancer du poumon. Le résultat est probant : les chiens ont été capables d’identifier les échantillons sains dans 97,5 % des cas et les échantillons de malades dans 96,7 % des cas.

Forts de ces résultats, les chercheurs espèrent mettre en place de nouvelles méthodes de dépistage des cancers précoce et non invasive grâce à des chiens formés de la même façon que ces beagles. Ils veulent également, en se basant sur ces travaux, isoler les composants chimiques ou substances responsables de l’odeur apparemment caractéristique d’une tumeur. L’équipe américaine va étendre ses recherches à d’autres types de cancer : en novembre prochain, BioScentDX lance une étude sur le cancer du sein.

L’Institut Curie pionnier avec son projet KDOG

En matière de cancer du sein, l’Institut Curie fait déjà figure de pionnier avec son projet KDOG. En 2016, l’institut organise une collecte sur la base du volontariat et récolte 130 échantillons de femmes malades ou non. Les participantes, après s’être douchées au savon sans odeur, devaient dormir avec des lingettes en coton positionnées sur chaque sein afin de les imprégner de leur odeur. Tous ces échantillons ont d’abord été utilisés pour dresser les deux chiens malinois – Thor et Nykios – à mémoriser et reconnaître l’odeur du cancer. En 2017, après six mois de formation, les deux chiens ont été soumis aux véritables tests. Les résultats sont spectaculaires : 90,3 % de réussite au 1er passage et 100% au deuxième.

Présentation du projet KDOG – © Cancer Detect Group KDOG

L’Institut Curie espère mettre en place cette méthode de dépistage dans les endroits où la mammographie – l’examen conventionnel en matière de cancer du sein – est difficile à réaliser, dans les pays en voie de développement et dans les pays à faibles revenus notamment. Le dépistage précoce grâce à ces chiens garantirait de plus grandes chances de guérison car permettrait d’obtenir un meilleur diagnostic et un choix plus important de traitements.

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