Le gouvernement Trump assouplit la loi de protection des espèces menacées

Le gouvernement Trump a entériné lundi 12 août l’assouplissement de la loi fédérale de protection des espèces animales menacées sur le territoire américain. De nombreux politiciens et ONG dénoncent cette révision qu’ils jugent dangereuse pour la survie des espèces.

L’Endangered Species Act, loi qui fait référence sur le plan mondial en matière de protection des espèces animales, a été révisée par l’administration Trump. De nombreuses espèces menacées ont été sauvées grâce à elle sur le territoire américain depuis son adoption en 1973 : loup, grizzly, alligator, baleine à bosse et même pygargue à tête blanche, l’emblème des Etats-Unis.

Le gouvernement a supprimé la clause qui accordait automatiquement la même protection aux espèces dites “menacées” qu’aux espèces “en danger d’extinction” immédiat. “Jusqu’à maintenant, une espèce qui entrait dans la liste des espèces menacées faisait immédiatement l’objet de mesures de protection”, a expliqué à l’AFP Kristen Boyles, avocate pour l’ONG Earthjustice. À présent, il faudra attendre qu’une étude spécifique pour l’espèce concernée soit menée pour que des mesures soient mises en place.

Porte ouverte aux projets industriels

Les révisions apportées au texte supprime également une phrase stipulant que les considérations économiques ne doivent pas entrer en ligne de compte dans les décisions visant à protéger la faune sauvage. Cette modification est lourde de conséquences puisqu’elle rend dorénavant possible la construction de routes, de gazoducs, de mines et autres projets industriels dans des zones jusque là désignées comme “habitat essentiel” d’au moins une espèce menacée.

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Levée de bouclier des ONG et des opposants démocrates

De nombreuses organisations de défense de l’environnement ont dénoncé des modifications motivées par le seul intérêt économique et favorables aux industriels au détriment de la biodiversité. Les adversaires démocrates de Trump se sont associés aux ONG et dénoncent le risque de destruction progressive de l’habitat des espèces protégées. Les procureurs généraux de Californie et du Massachusetts ont pour leur part déjà annoncé qu’ils allaient porter l’affaire en justice.

Tweet de Xavier Becerra, procureur général de Californie

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