L’ “extinction silencieuse” de la girafe au cœur des débats de la CITES

Genève accueille jusqu’au 28 août la 18e conférence de la CITES, la convention internationale qui veille à protéger les espèces sauvages du commerce. La girafe est au cœur des débats et pourrait faire son entrée parmi les espèces de l’annexe 2 de la CITES pour lesquelles le commerce est drastiquement contrôlé.

Des responsables politiques et des experts de la conservation de plus de 180 pays membres de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) vont discuter, jusqu’au 28 août, de 56 propositions visant à modifier le degré de protection accordé aux animaux et aux plantes sauvages.

Proposition d’inscription de la girafe à l’annexe 2 de la CITES

Six pays africains proposent de classer la girafe dans la ” liste des espèces qui, bien que n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n’était pas étroitement contrôlé “. La girafe est convoitée comme trophée de chasse mais aussi pour les multiples objets fabriqués à partir de sa peau, de ses os et de ses poils (couteaux, sacs, bracelets…). Si la CITES décide d’inscrire la girafe à l’annexe 2, des permis d’exportation ou de réexportation seront obligatoires pour tous ces commerces.

Le nombre de girafe a diminué de 40% en 30 ans

En Afrique, le nombre de girafes a diminué de 40% entre 1985 et 2015. L’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2016 en classant la girafe dans la catégorie des espèces “vulnérables”. De nombreux observateurs parlent d’une “extinction silencieuse” de l’espèce et dénoncent le manque de médiatisation et d’action de conservation de l’animal. “La girafe est un grand animal que l’on voit assez facilement dans les parcs et réserves, ce qui a pu donner la fausse impression que tout allait bien”, analyse Julian Fennessy, co-président du groupe de spécialistes de l’IUCN pour les girafes et okapis.

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Un manque de données sur le commerce international de girafes

Malheureusement, les données fiables sur le commerce international de girafes – qu’il s’agisse de trophées ou de parties de corps – manquent et ne permettent pas de se faire une image fidèle de la situation. En effet, seuls les Etats-Unis répertorient actuellement ces importations. Alors que les soutiens de la proposition d’inscription à l’annexe 2 invoquent le principe de précaution, les opposants dénoncent une proposition guidée par “l’émotion” plutôt que par les “faits scientifiques”. Ils soulignent que le peu de données existantes indiquent que l’essentiel des trophées de girafes proviennent de pays où leur population augmente (Namibie et Afrique du Sud notamment).

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