La science, dernière chance de survie du rhinocéros blanc

Malgré une fin annoncée, les scientifiques ne renoncent pas à sauver les rhinocéros blancs du Nord. Des ovocytes ont été prélevés avec succès sur les deux dernières femelles encore en vie. Tous les espoirs reposent sur les fécondations in vitro qui devraient avoir lieu prochainement.

Depuis la mort l’an dernier au Kenya de Sudan, dernier rhinocéros blanc du Nord mâle, l’espèce semblait vouée à l’extinction. D’autant plus que les deux dernières femelles en vie sont incapables de porter des petits. Najin, fille de Sudan âgée de 30 ans, a l’arrière train trop fragile et Fatu, petite-fille de Sudan âgée de 19 ans, souffre de lésions dégénératives de l’utérus.

10 ovocytes prélevés sur deux femelles

C’était sans compter sur la détermination des scientifiques qui tentent tout pour sauver l’espèce. Ils ont mené une opération inédite le 22 août dernier en prélevant cinq ovocytes sur chaque femelle. L’intervention très délicate a été réalisée sous anesthésie grâce à une sonde guidée par ultrasons. Les œufs ont immédiatement été envoyés dans un laboratoire spécialisé en Italie. Sept des dix échantillons ont été fertilisés par le sperme prélevé antérieurement sur quatre mâles et conservé depuis leur décès.

VOIR AUSSI : L’ “extinction silencieuse” de la girafe au cœur des débats de la CITES

Néanmoins, un obstacle de taille reste à surmonter. Les scientifiques doivent à présent développer une technique afin d’implanter ces embryons chez des mères porteuses rhinocéros blancs du Sud. Jusqu’à maintenant, toutes les tentatives ont échoué. L’objectif des scientifiques est, à terme, de mettre au monde au moins cinq individus qui pourront être relâchés dans la nature.

Un obstacle de taille : le manque de diversité génétique

Même si les scientifiques réussissent à faire naître des petits rhinocéros blancs du Nord, l’espèce devra faire face au manque de diversité génétique. Pour pallier cette homogénéité, le consortium scientifique BioRescue cherche à produire artificiellement des cellules reproductrices – les gamètes – de rhinocéros blancs du Nord à partir de cellules provenant de tissus congelés prélevés antérieurement sur des spécimens sans lien de parenté avec les deux femelles.

VOIR AUSSI : Le saviez-vous ? Le pangolin est l’animal le plus braconné au monde

Suivez-nous !