Bilan de la CITES : protection renforcée pour les girafes, éléphants et requins mako

La 18e conférence de la CITES, convention internationale qui veille à protéger les espèces sauvages du commerce, a pris fin mercredi 28 août. Les responsables politiques ont voté la régulation du commerce de la girafe et du requin mako et ont renforcé la protection d’autres animaux tels que les loutres et les éléphants.

Régulation du commerce international des girafes

Les débats de cette année se sont cristallisés autour de la girafe dont la population a décliné de 40% en seulement 30 ans. La CITES a finalement décidé de l’inscrire à l’annexe II de la convention qui soumet tout commerce international de l’animal – ou d’une partie de l’animal – à des permis. Les responsables politiques ont donc estimé, pour la première fois, que le commerce de peau, cornes et os de girafes – entre autres – constituait une menace pour la survie de l’espèce.

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Protection renforcée pour les loutres, raies et requins

La CITES a également renforcé la protection de la loutre cendrée et de la loutre à pelage lisse – deux espèces de loutres d’Asie – en les transférant de l’annexe II à l’annexe I qui interdit tout commerce international. Le nombre de loutres d’Asie a chuté d’au moins 30% au cours de ces 30 dernières années, notamment à cause de la mode des loutres de compagnie qui bat son plein dans les pays asiatiques. Dix-huit espèces de raies et requins – dont le requin makos – ont également fait leur entrée dans l’annexe II de la CITES.

Les éléphants d’Afrique source de dissensions

Décision phare de cette année, les possibilités de vente à l’étranger d’éléphants d’Afrique capturés dans la nature seront drastiquement limitées. Certains pays – le Zimbabwe et le Botswana notamment – se sont fortement opposés à cette mesure qui les empêcherait de répondre à la forte demande d’éléphanteaux sauvages des zoos et parcs de loisirs étrangers. En effet, selon Humane Society International (HSI), le Zimbabwe aurait capturé et vendu plus de 100 éléphanteaux à des zoos chinois depuis 2012.

Une version amendée qui permet des exceptions

Finalement, les responsables politiques sont parvenus à un compromis en signant une version amendée du texte présentée par l’Union européenne. Les éléphants sauvages capturés pourront être transférés uniquement dans des zones protégées ou vers des programmes de conservation, dans leur aire de répartition actuelle ou passée. En cas de “circonstances exceptionnelles”, et après consultation des experts de la CITES et de l’UICN, des exceptions pourront être faites, notamment dans le cas de “transferts temporaires dans des situations d’urgence”. Pour que ces demandes soient accordées, il faudra prouver scientifiquement que ces exportations bénéficient à la conservation des éléphants d’Afrique dans leur milieu naturel.

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